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Rassegna stampa: “La religion appartient à la nature de l’homme”, par le card. Tauran

14 settembre 2017 Nessun Commento

da Zenit | 14 agosto 2017

L’Osservatore Romano publie une réflexion du président pour le dialogue interreligieux (Télécharger en pdf)

“La religion appartient à la nature de l’homme” titre L’Osservatore Romano en italien du 9 août 2017, qui publie une réflexion du cardinal français Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Pour lui, “exclure la religion de la raison équivaut à amputer l’homme créé à l’image de Dieu”. Il rappelle qu’il “ne peut exister de désaccord entre la foi et la raison”. On retrouve certaines harmoniques du discours de Benoît XVI à Ratisbonne, en septembre 2006.
Le cardinal Jean-Louis Tauran est en effet intervenu sur ce thème lors du Congrès International sur le dialogue interculturel, (presque une Université d’été), »Tonalestate » (7-10 août 2017) qui a lieu chaque année dans les Alpes italiennes, à Ponte di Legno et au Col du Tonale, entre Brescia et Trente.
Une rencontre à laquelle ont aussi participé notamment l’ancien grand rabbin de Florence, Joseph Levi, le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, dont L’Osservatore Romano a publié les interventions en italien, et Jean Tonglet, de ATD-Quart Monde.
“Nous devons être orgueilleux de notre foi, parce qu’elle donne un avenir à l’humanité”, explique le cardinal Tauran qui situe ainsi le dialogue interreligieux: “Il commence toujours par la profession de sa propre foi, en évitant tout syncrétisme”: “le christianisme n’est pas une pensée mais un fait: Dieu s’est fait homme”. Un dialogue “en vérité” et pour “promouvoir un monde où habitent la justice et la paix”.

Un monde violent et précaire
Le cardinal bordelais part du constat que “Nous vivons dans un monde violent qui divise et qui tue. Un monde précaire: tout peut arriver, il suffit de penser au danger que représente le terrorisme. Il est difficile de prévoir quelle sera l’évolution du XIXe siècle. Beaucoup de responsables politiques sont à la recherche d’idées et beaucoup de nos compagnons en humanité se demandent s’il y a une salle de contrôle. On se demande si les Etats seront en mesure de garantir la sécurité des sociétés et la sauvegarde de la création.”
Le cardinal Tauran pose alors la question: “Dans ce monde, peut-on croire en Dieu? Peut-on croire en l’homme?” Il répond: “Nous sommes en plein paradoxe.”
Et d’expliquer: “Ce monde de la technique, qui ne voit que la puissance de ce qui est utile, est aussi un monde dans lequel le pluralisme culturel et religieux, la privatisation de la religion, le manque de transmission des valeurs et des modèles ont fait que le “sacré” et une certaine transcendance sont revenus sous les projecteurs.”
Il fait aussi observer que “si la pratique religieuse, du moins dans les sociétés occidentales, est en déclin, il ne fait aucun doute que l’on comprend toujours mieux que l’on ne peut pas comprendre le monde d’aujourd’hui en se passant des religions”.
Une vision ouverte au dialogue
Dans ce contexte, le cardinal Tauran décrit la position des chrétiens: “Les chrétiens appartiennent à ce monde, ce monde que Dieu aime, dans lequel Dieu les a plantés et dans lequel ils doivent fleurir. Ils se reconnaissent avant tout en tant que créatures et donc dépendants d’un Autre. Une créature appelée à voir Dieu. Visions de l’homme et du monde qui peuvent conduire à la confrontation et au dialogue.”
Mais ce siècle appelle aussi à des questions existentielles authentiques: “En raison de la précarité qui trouble notre vie – il suffit de penser aux guerres actuelles, grandes et petites, à la pollution, à la crise financière, après la faillite de grands systèmes économiques du siècle dernier -, les hommes et les femmes de cette génération se posent à nouveau les questions essentielles sur le sens de la vie et de la mort. Beaucoup de jeunes sont perplexes face aux dérives quel es merveilleuses conquêtes scientifiques actuelles pourraient engendrer, si elles étaient mal contrôlées et mal orientées. Nous nous sommes peut-être rendu compte que la personne humaine est la seule créature qui interroge et s’interroge. C’est la conscience – en tant que faculté de réfléchir sur son propre destin, sur le sens de la vie et de la mort – qui distingue l’homme des règnes végétal et animal.”
C’est pourquoi le cardinal Tauran affirme que “la religion n’est pas un moment particulier de l’histoire”: “Elle appartient à la nature de l’homme, un homme pour lequel les trois questions fondamentales d’Emmanuel Kant sont toujours valables: “Qu’est-ce que je peux connaître Qu’est-ce que je dois faire? En quoi puis-je espérer?” Il est intéressant de rappeler que la déclaration du concile Vatican II “Nostra aetate” sur le dialogue interreligieux soulignait déjà cette situation de l’homme dans son préambule: “Les hommes attendent des diverses religions la réponse aux énigmes cachées de la condition humaine, qui, hier comme aujourd’hui, agitent profondément le cœur humain : Qu’est-ce que l’homme? Quel est le sens et le but de la vie? Qu’est-ce que le bien et qu’est-ce que le péché? Quels sont l’origine et le but de la souffrance? Quelle est la voie pour parvenir au vrai bonheur? La mort ? […] ».

Foi et raison
Pour le cardinal Tauran en effet “exclure la religion de la raison équivaut à amputer l’homme créé à l’image de Dieu”: “La foi est le fait de croire en Dieu ou de croire à un dogme avec une adhésion profonde de l’esprit et du coeur qui engendre la certitude. La raison, en revanche, est la faculté de penser et de bien juger la réalité. Mettre en relation ces deux mots, la raison et la foi, peut être interprété comme un accord entre eux ou comme une opposition.”
Il rappelle que le savoir humain a “deux sources possibles”: la raison et la foi, mais que ce sont “deux réalités distinctes”. “Par son intelligence, l’homme est capable de connaître Dieu en tant que Créateur (Constitution Dei Filius), alors que la foi fournit un autre mode de connaissance, c’est-à-dire qu’elle accueille une révélation. C’est Dieu qui se révèle, et non l’homme qui cherche Dieu. Voilà pourquoi le christianisme n’est pas une religion, mais une révélation. La foi est donc source de connaissance, mais d’une autre façon. Bien qu’elle doive être située au-dessus de la raison, il ne peut exister de désaccord entre la foi et la raison puisque c’est le même Dieu qui révèle ses mystères et communique la foi, et il répand aussi dans l’esprit humain la lumière de la raison.”
Le cardinal Tauran réfute l’assertion qui mettrait en opposition la foi et la raison: “Nous dirons que la foi, qui est à la fois une rencontre et un message, rejoint l’homme qui est naturellement “capable de Dieu”. Mais il faut éviter deux excès: le premier, c’est le fidéisme, qui marque une religion fondée sur les émotions; le second, le rationalisme, qui affirme que seules les réalités scientifiquement rationnelles et démontrables sont crédibles.”

La liberté de l’homme
“Nous pouvons dire, résume le cardinal Tauran, que Dieu n’est pas le résultat d’une équation, parce que dans ce cas nous serions contraints de croire, et qu’il n’est pas irrationnel: il est transrationnel et, je dirais, plus encore, cohérent. Newman écrit: “Mille difficultés ne font pas un doute.” Et Pascal souligne que “Dieu a donné à l’homme assez de lumière pour croire en lui et assez d’obscurité pour ne pas être contraint de croire. Voilà le problème de la liberté de l’homme face à Dieu.”
Il analyse ainsi le détachement opéré par un monde dominé par la technique: “Le monde de la technique dans lequel nous vivons, a détaché l’homme de sa dimension spirituelle. L’homme se sent puissant. Et même il travaille à s’auto-créer. L’efficacité et le profit ont remplacé la recherche de la vérité. Séparée du christianisme, la science devient un don mortel parce qu’elle peut être utilisée à des fins qui ne coïncident pas avec un vrai service de l’humanité.”

Un avenir pour l’humanité
“Nous devons être orgueilleux de notre foi, insiste au contraire le cardinal bordelais, parce qu’elle donne un avenir à l’humanité. Nous, chrétiens, nous avons été aimés et pardonnés et nous ne pouvons pas garder pour nous la lumière qui nous illumine. Nous avons le devoir de l’apporter à tous et en particulier aux personnes qui vivent sans espérance. C’est pourquoi nous devons être préparés spirituellement et c’est la deuxième exigence que je vois: savoir rendre raison de notre foi. Après la première qui est: trouver la fierté d’être chrétiens, accueillir la grandeur du mystère.”
C’est dans ce cadre que le cardinal Tauran situe le dialogue interreligieux qui est sa mission au coeur de l’Eglise: “Dans les sociétés pluralistes dans lesquelles nous vivons, le dialogue interreligieux s’impose comme une nécessité. Il commence toujours par la profession de sa propre foi, en évitant tout syncrétisme. Cela suppose que nous soyons en possession d’une culture religieuse qui nous permette de dialoguer en vérité. Nous devons aller au-delà du catéchisme de notre enfance. Il est surprenant de constater que lorsque nous parlons avec des grands responsables des sociétés humaines préparés et cultivés, à quel point ils sont ignorants du point de vue religieux et possèdent souvent une vision de la foi encore infantile.”

Fondement de culture
Le cardinal Tauran indique une troisième exigence: “Vivre l’Eglise comme une communion”. Il s’explique: “Les scandales, les trahison des chrétiens ne peuvent jamais cacher la force d ela charité. Il suffit de penser à l’admirable travail accompli apr les soeurs dans les pays du tiers et du quart monde. Ce n’est pas le moment de se lamenter mais de se donner à la mission. Nous ne devons pas imposer mais proposer le Dieu en qui nous croyons, qui nous a gratifiés de deux dons magnifiques: une intelligence pour comprendre, et un coeur pour aimer. Ne pensons pas que Dieu ne s’intéresse pas aux hommes d’aujourd’hui. On ne peut pas éviter Jésus-Christ. On rencontre le Christ grâce à l’Eglise. La recherche de Dieu et la disponibilité à l’écouter restent encore aujourd’hui le fondement d’une véritable et authentique culture.”
Le cardinal Tauran revient, en conclusion, à l’avenir de l’humanité pour se demander: “Quelle sera notre contribution au monde de demain? Serons-nous des inspirateurs ou de simples accompagnateurs?” “Il est difficile de répondre”, fait-il remarquer, avant de livrer sa conviction: “Le christianisme, qui n’a jamais été aussi universelle qu’aujourd’hui, saura mettre à profit la mondialisation – qui, en soi, est une chose positive – pour offrir par des paroles et par des initiatives originales la nouveauté et la singularité du christianisme. Le christianisme n’est pas une pensée mais un fait: Dieu s’est fait homme. L’Eglise continuera à faire réfléchir sur lui-même l’homme “distrait” de ce siècle, sur sa vocation, et sur la nécessité de promouvoir un monde où habitent la justice et la paix. Nous avons un rôle à jouer. Je pense ne particulier aux jeunes, qui sont trop souvent “des héritiers sans héritage” et des “constructeurs sans modèles”. Nous, chrétiens, nous ferons cela, avec l’Eglise et en Eglise.”

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